Feu à l'orange

Praxair/Linde : Bruxelles retarde la publication des bans. La Commission européenne a ouvert une enquête approfondie afin d’apprécier le projet de concentration entre Praxair et Linde au regard du règlement de l’UE sur les concentrations. Elle craint que l’opération réduise la concurrence sur le marché de la fourniture de plusieurs gaz indispensables, comme l’oxygène et l’hélium.

Praxair et Linde sont deux des quatre plus grandes entreprises opérant, à l’échelle mondiale, tout au long des chaînes d’approvisionnement de gaz industriels, de gaz médicaux et de gaz spéciaux. À titre d’exemple, elles fournissent toutes deux du dioxyde de carbone, dont l’utilisation est largement répandue dans l’industrie des boissons gazeuses, et de l’oxygène, un produit aux utilisations très variées, allant de la production d’acier à un usage médical dans les hôpitaux ou au domicile de patients. Elles fournissent également de l’hélium, un gaz nécessaire au bon fonctionnement des scanners d’imagerie par résonance magnétique (IRM).

L’opération envisagée aboutirait à ramener de quatre à seulement trois, le nombre de grands acteurs fournissant ces gaz, ainsi que de nombreux autres, au niveau mondial et en Europe. Les autres acteurs du marché n’exercent leur activité qu’au niveau régional, national ou local et ne disposent pas des capacités techniques et financières pour rivaliser sur un pied d’égalité. En outre, rien n’indique que la concurrence pourrait être attisée par de nouveaux entrants, en raison des investissements très élevés nécessaires pour parvenir à une position solide sur le marché.

A ce stade, la Commission s’inquiète du fait qu’il existe un risque de hausse des prix en raison du pouvoir de marché renforcé de l’entité issue de la concentration ou de la plus forte probabilité de coordination entre les acteurs restants sur les marchés concernés. L’enquête initiale menée sur le marché par la Commission a fait apparaître en particulier des problèmes de concurrence concernant la fourniture de gaz industriels, de gaz médicaux (et des services connexes), de gaz spéciaux et d’hélium.

La Commission dispose à présent de 90 jours ouvrables, soit jusqu’au 4 juillet 2018, pour prendre une décision. L’ouverture d’une enquête approfondie ne préjuge toutefois pas de l’issue de la procédure.