OPA, les indices qui ne trompent pas

En Bourse, il existe des signaux à suivre pour détecter une offre publique d’achat ou d’échange, qu’elle soit amicale ou hostile. Voici les plus importants.

• Le secteur se concentre. Big is beautiful. Ce slogan à la mode durant les années 1980 a retrouvé toute sa force sur les marchés. Rançon de la mondialisation, les sociétés sont contraintes de grossir pour acquérir une taille critique. Ne serait-ce que pour vendre leurs produits au plus grand nombre et au meilleur prix. Et, pour brûler les étapes, rien de tel que l’acquisition d’une firme concurrente.

• La société se fait distancer. Qui n’avance pas recule. C’est la conséquence logique des regroupements. A l’intérieur de chaque secteur, il faut donc suivre les sociétés qui ont disparu des plus hautes marches du podium, soit par le jeu des alliances et des regroupements, soit par la volonté des dirigeants de l’entreprise (« nous sommes suffisamment grands » en est l’expression la plus symptomatique), soit enfin par manque de moyens financiers.

• Le capital est ouvert. Mieux vaut un moulin qu’une citadelle en matière d’OPA. Une société dont le capital est mal verrouillé (plus de la moitié des actions répartie entre les mains du public) sera privilégiée. Il paraît plus simple de lancer un raid contre une entreprise qui n’est pas contrôlée que de s’aventurer à faire main basse sur les titres d’un groupe familial surtout s’il est constitué sous forme de commandite.

• Des rumeurs circulent. « Il n’y a pas de fumée sans feu ». Ce vieil adage s’applique fort bien à la Bourse. Savoir anticiper sur l’événement est, en effet, capital. Car, si l’on attend le lancement effectif d’une OPA pour acheter la valeur, il sera trop tard. Pas de plus-value à attendre, donc, sauf si l’on parie sur une éventuelle surenchère de la part d’un groupe concurrent. Mais les désillusions peuvent s’avérer coûteuses.

• Des dirigeants se dévoilent. Loin d’être anodines, les petites phrases des uns et des autres sont souvent annonciatrices d’opérations futures.

• Les volumes augmentent. Un ramassage n’est jamais innocent. Lorsque les volumes de transactions progressent anormalement sans raison particulière – c’est-à-dire sans annonce de commandes, de chiffre d’affaires ou de résultat – il y a souvent de l’OPA dans l’air.

• Des seuils sont franchis. C’est souvent l’ultime sirène pour ceux qui n’ont pas vu ni entendu les précédents signaux. Mais lorsqu’elle retentit, la plus-value s’est déjà en grande partie envolée.

G.B.

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