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OPA, OPE, fusions, rumeurs… La synthèse de la semaine. Offre simplifiée en vue sur Millet Innovation, OPRA sur Terreïs, OPR sur Officiis Properties, OPA amicale sur Cypress Semiconductor, fusion avortée entre Renault et Fiat Chrysler Automobiles (FCA), sans parler des bruits de marché (EuropaCorp, Worldline, Ingenico) : la semaine a été particulièrement riche. Voici ce qu’il faut en retenir.

Les nouveautés

Sur Euronext Paris

Millet Innovation : OPA en vue de Groupe GTF à 20,20 € par action. Holding Managers et Millet (HMM) et certains actionnaires historiques annoncent leur entrée en négociations exclusives avec le Groupe GTF, par l’intermédiaire de sa filiale Curae Lab. Objet ? Lui céder leur participation majoritaire au sein du capital de Millet Innovation, spécialisée dans les produits de podologie vendus en pharmacies, soit une participation comprise entre 79,45 % et 83,84 % du capital. Le transfert de bloc majoritaire se ferait au prix de 20,20 € par action Millet Innovation, soit une prime de 13,48 % par rapport au dernier cours avant l’annonce. En cas de cession effective, une OPA simplifiée sera déposée sur le solde du capital à un prix identique de 20,20 €.

Terreïs a déposé son projet d’offre publique de rachat. Cette opération fait suite à la réalisation de la cession d’un portefeuille de 28 actifs immobiliers à des entités contrôlées ou gérées par Swiss Life Asset Managers. Le prix offert aux actionnaires dans le cadre de l’OPRA sera de 34,62 € par action ordinaire et de 38,34 € par action de préférence, après prise en compte des dividendes (d’un montant total de 25,38 € par action ordinaire et de 25,56 € par action de préférence). En tenant compte des distributions et du prix proposé dans le cadre de l’offre, les actionnaires minoritaires de Terreïs percevront 60 € par action ordinaire et 63,90 € par action de préférence.

Officiis Properties : REOF Holding a déposé son offre de retrait, qui fait suite à la cession du principal des actifs. REOF Holding, qui détient 56,77% du capital s’engage à acquérir la totalité des actions et des obligations convertibles en actions aux prix de 1,20 € par action et de 2,05 € par obligation convertible. Le prix par action de 1,20 € extériorise des primes de 300% par rapport au cours du 26 avril 2019 et de 168,8% par rapport à la moyenne pondérée des cours sur les 60 dernières séances avant cette date. REOF Holding a l’intention de demander, dans un délai de trois mois à compter de la clôture de l’OPR, la mise en œuvre d’une procédure de retrait obligatoire.

Fiat Chrysler Automobiles a retiré son offre de fusion avec Renault. L’Etat avait fixé quatre conditions à son accord définitif : 1) La réalisation de cette opération dans le cadre de l’alliance entre Renault et Nissan. 2) La préservation des emplois industriels et des sites industriels en France. 3) Une gouvernance respectueuse des équilibres de Renault et FCA 4) La participation de ce futur ensemble industriel à l’initiative des batteries électriques engagée avec l’Allemagne. Un accord avait été trouvé sur trois de ces conditions. Il restait à obtenir un soutien explicite de Nissan. L’Etat a donc souhaité que le conseil d’administration dispose d’un délai additionnel de 5 jours pour s’assurer du soutien de l’ensemble des parties prenantes. C’est en réaction à la demande de délai formulée par la France que John Elkann, président de FCA, aurait décidé de tout annuler et de retirer sa proposition.

Sur les marchés étrangers

Infineon s’offre Cypress Semiconductor. Le groupe allemand de semi-conducteurs a signé un accord définitif en vue d’acquérir son concurrent américain pour un montant de 9 milliards d’euros (en valeur d’entreprise). Infineon offre 23,85 $ par action Cypress Semiconductor, soit une prime immédiate de 33,8% et une prime de 46% sur la moyenne des cours des 30 dernières séances. Cypress prévoit de continuer à verser ses dividendes trimestriels jusqu’à la clôture de la transaction, notamment celui de 0,11 $ payable le 18 juillet 2019. Sous réserve des conditions habituelles, l’opération devrait être finalisée d’ici la fin 2019 ou le début 2020.

Les résultats

Euronext prend le contrôle de la Bourse d’Oslo. A l’issue de son OPA qui avait été prolongée jusqu’au 31 mai 2019, le principal opérateur paneuropéen, qui gère déjà les places de Paris, Bruxelles, Amsterdam, Lisbonne et Dublin, détient 61,4% du capital d’Oslo Bors VPS, scellant ainsi définitivement sa victoire sur le Nasdaq. Euronext a déclaré qu’il maintiendrait son offre ouverte jusqu’au 28 juin prochain dans les mêmes conditions, soit au prix de 158 couronnes norvégiennes par action, ce qui représente une prime de 44% sur le cours d’Oslo Bors VPS du 17 décembre 2018.

Axa : succès de l’offre secondaire d’actions ordinaires d’Axa Equitable Holdings. Le produit net pour Axa, correspondant à la cession de 40 000 000 actions d’EQH dans le cadre de l’offre, s’élevait à 834 millions de dollars américains, soit 739 millions d’euros. À l’issue de cette cession, la participation d’Axa au capital d’EQH a diminué, passant de 48,3% à 40,1% du capital d’EQH. Par ailleurs, Axa a consenti aux banques garantes une option permettant l’acquisition de 6 000 000 actions ordinaires d’EQH supplémentaires dans un délai de 30 jours.

A savoir

BNP Paribas envisage d’absorber BNP Paribas España, afin de simplifier l’organisation du groupe. Le projet commun de fusion sera soumis à l’approbation de l’assemblée générale des actionnaires de BNP Paribas España en date du 7 juin 2019. Le capital de cette filiale est détenu à hauteur de 99,7% par BNP Paribas et à hauteur de 0,3% par des actionnaires minoritaires. Ces derniers recevront, en application de la parité d’échange définie dans le projet commun de fusion, 4.848 actions auto-détenues de BNP Paribas, soit sous forme d’actions entières, soit en numéraire pour la partie correspondant aux droits formant rompus.

Paroles de Pros

Les arbitrages de Montségur Opportunités. Ce fonds géré par Alain Crouzat, Agnès Coste et Andreea Condurache, spécialisé dans les valeurs susceptibles d’opérations ou en retournement, a ramené sa performance à 4,3% depuis le 1er janvier 2019. Plusieurs mouvements sont à signaler en mai. « Des prises de profits ont été concrétisées en début de mois sur cer­taines lignes surpondérées comme Spie, Fnac Darty et Saint Gobain. Total a été entièrement vendue afin de recentrer les investissements vers des sociétés profilées « situations spéciales », expliquent les gérants dans leur rapport. Les renforcements ont porté sur CGG, initiée dans le fonds le mois dernier, TF1, position en constitution, et Casino pour des raisons de faible valorisation. Enfin, Maisons du Monde rejoint la sélection ».

Les positions de Talence Situations Spéciales. Ce fonds, géré par Régis Lefort, est positionné sur la thématique des situations spéciales (restructurations, opérations de fusions/acquisitions, valeurs stressées, etc.). En mai 2019, Talence Situations Spéciales a reculé de 5,7%, en ligne avec son indice de référence, pénalisé par le recul des valeurs cycliques du portefeuille, suite à la reprise de la guerre commerciale. « S’agissant des mouvements, nous avons pris nos bénéfices sur Legrand dont les résultats trimestriels ont légèrement déçu, et nous avons profité des fortes baisses d’Arcelormittal et de STMicroelectronics pour renforcer ces positions. L’exposition du portefeuille est restée proche de 93%, afin de garder un volant de liquidités pour renforcer des lignes en cas d’opportunités », explique le gérant dans son rapport.

Bruits de marché

EuropaCorp : nouvelle bouffée spéculative. L’action du studio de cinéma fondé par Luc Besson s’est envolée de 17,4% mercredi, à 1,162 €, sans atteindre les niveaux atteints lors de la précédente flambée (1,40 € en séance), le 29 mai. Aucune information nouvelle n’a été délivrée par EuropaCorp. Le groupe Pathé, on le sait, a marqué son intérêt pour une éventuelle prise de participation au capital de la société. Mais, comme l’a précisé EuropaCorp, « cette marque d’intérêt, non engageante, est soumise à la réalisation de plusieurs conditions préalables », dont certaines, comme l’accord des prêteurs séniors et juniors, n’étaient pas remplies à ce jour.

Worldline et Ingenico très entourées sur Euronext Paris, avec des gains respectifs de 7,8%, à 58,85 €, et de 5%, à 75,96 €. Selon une information publiée sur le site du quotidien économique Il Sole 24 Ore, le spécialiste italien des services de paiements SIA envisagerait un rapprochement avec un concurrent européen. Et « le candidat le plus probable » pour « procéder à une consolidation du secteur européen des services de paiement, qui est très fragmenté sur le vieux continent », serait Worldline. Seul problème, mais de taille, Worldline capitalise désormais 10,7 milliards d’euros, tandis que SIA pèse 3,5 milliards d’euros.

L’équipe du Journal des OPA vous souhaite un excellent week-end et vous remercie de votre fidélité.

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