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OPA, OPE, fusions, rumeurs… La synthèse de la semaine. Dépôt des OPA sur Thermocompact et Le Tanneur & Cie, offre amicale sur Jean Coutu, contre-proposition sur Ash Grove, sans oublier les bruits de marché (Refresco, General Cable, Bains de Mer, Maurel & Prom, Publicis) : la semaine a été riche. Voici ce qu’il faut en retenir.

Les nouveautés

En France

Thermocompact : Edify a déposé son OPA simplifiée. Thermo Technologies (contrôlée par Edify, elle-même contrôlée par M. Paul Georges Despature et ses enfants), qui détient déjà 84,51% du capital de la société spécialisée dans le revêtement de surface par métaux précieux, s’engage à acquérir la totalité des actions non détenues au prix unitaire de 45,20 €. Ce prix fait apparaître une décote de 3,8% sur le dernier cours avant l’annonce et une prime de 6,3% sur la moyenne pondérée des 3 mois précédents. Si les conditions requises sont remplies, l’initiateur a l’intention de demander la mise en œuvre d’un retrait obligatoire.

Le Tanneur & Cie : Tolomei a également déposé son offre. Cette société, contrôlée par M. Eric Dailey, qui détient déjà 50,22% du capital de la société de maroquinerie, s’engage à acquérir la totalité des actions non détenues au prix unitaire de 2,50 €. L’offre ne vise pas les actions détenues par Qatar Luxury Group, qui s’est engagée à ne pas apporter ses titres à l’offre. Le prix fait ressortir une prime de 31,6% par rapport au cours du 6 juin 2017, dernier jour avant l’annonce du projet de recapitalisation, et une prime de 29,9% sur les 3 mois précédents. L’initiateur n’a pas l’intention de mettre en œuvre un retrait obligatoire, ni de demander la radiation des actions.

A l’étranger

Metro Inc. acquiert le Groupe Jean Coutu pour 4,5 milliards de dollars. Les deux sociétés canadiennes ont conclu un accord aux termes duquel Metro fera l’acquisition de toutes les actions de la chaîne de pharmacies au prix unitaire de 24,50 $, soit une contrepartie représentant 4,5 milliards de dollars, sous réserve de l’obtention de l’approbation des organismes de réglementation et des actionnaires. Selon les modalités de la transaction, les actionnaires toucheront une contrepartie globale composée de 75% en espèces (18,38 $) et de 25 % en actions Metro (0,15251 action). Le prix de 24,50 $ équivaut à une prime de 15,4 % par rapport au cours moyen des 20 dernières séances avant la signature d’une lettre d’intention non contraignante.

Ash Grove a reçu une contre-offre. Le cimentier américain, qui devait être racheté par le groupe irlandais de matériaux de construction CRH pour 3,5 milliards de dollars, a reçu une proposition concurrente préliminaire et non contraignante d’un tiers valorisant Ash Grove entre 3,7 milliards et 3,8 milliards de dollars (tiers qui devrait être le groupe Summit Materials). En conséquence, Ash Grove a avisé CRH que la période durant laquelle une contre-proposition pouvait être déposée a été prolongée jusqu’au 20 octobre 2017. Ash Grove ne peut garantir toutefois que cette proposition concurrente conduira à une offre définitive.

Les opérations en cours

Paref : l’OPA simplifiée va pouvoir démarrer, suite au feu vert de l’AMF. Fosun, qui détient 40,91% du capital, voire 50,01% compte tenu d’une promesse de vente, s’engage à acquérir chaque action au prix unitaire de 73 € (dividende de 2 € détaché). L’offre ne vise pas les 17,96% du capital détenus par le concert familial Levy-Lambert. Le prix fait ressortir une prime de 25,6% sur le dernier cours avant l’annonce de l’opération. A l’issue de l’offre, Fosun n’a pas l’intention de demander la mise en œuvre d’un retrait obligatoire. Au contraire, ayant l’intention de maintenir le régime des SIIC de Paref, Fosun prendra toute mesure nécessaire afin de lui permettre, le cas échéant, de réduire sa participation en dessous de 60% du capital.

Les résultats

Havas : Vivendi frôle les 95%.  Durant l’OPA simplifiée, qui s’est déroulée du 21 septembre au 4 octobre 2017, Vivendi a acquis 150.347.283 actions Havas sur le marché au prix unitaire de 9,25 €. A la clôture de l’offre, Vivendi détient désormais 94,75% du capital et 94,73% des droits de vote du groupe de communication.

Alpha MOS : le concert proche des 80%. Durant l’OPA simplifiée, qui s’est déroulée du 21 septembre au 4 octobre 2017, Jolt Capital et Ambrosia Investments ont chacune acquis 1.680.447 actions sur le marché au prix unitaire de 0,45 €. A la clôture de l’offre, le concert détient désormais 79,1% du capital, selon la répartition suivante : 39,56% pour Jolt Capital et 39,56% pour Ambrosia Investments.

Sortie de cote

SFR Group : les actions seront radiées d’Euronext, le 9 octobre 2017. A cette date, les actions non présentées à l’OPR seront transférées à Altice France. Durant l’OPR, qui s’est déroulée du 21 septembre au 4 octobre 2017 inclus, cette dernière a acquis sur le marché 12.975.220 actions au prix unitaire de 34,50 €, lui permettant de porter son contrôle à 98,78%.

Dans les tours de table

Europcar, Elis : Eurazeo réduit ses participations. La société d’investissement a vendu, conjointement avec ECIP Europcar, ses co-investisseurs, 10% du capital d’Europcar (8,75% par Eurazeo, 1,25% par ECIP Europcar). La cession a généré un produit net pour Eurazeo de 179 millions d’euros, soit un multiple de 1,7 fois son investissement sur cette opération. Après la cession, Eurazeo et ECIP Europcar restent actionnaires à hauteur respectivement de 30,4% et 4,36% du capital. Eurazeo a également cédé 10 millions d’actions Elis, représentant 4,56% du capital, au prix de 22,01 € par action, pour un montant de 220 millions d’euros, par le biais d’un placement accéléré auprès d’investisseurs institutionnels.

Osram : Siemens a vendu 17,3% du capital aux « zinzins ». Le groupe industriel allemand a cédé ses 18,155 millions d’actions, représentant 17,34% du capital du spécialiste de l’éclairage, via un placement accéléré aux investisseurs institutionnels pour un montant d’environ 1,2 milliard d’euros. Siemens conserve une participation résiduelle dans Osram Licht afin d’honorer une échéance obligataire en 2019.

Bruits de marché

A l’étranger

Refresco très entourée à la Bourse d’Amsterdam. L’action du groupe néerlandais, spécialiste de l’embouteillage de boissons rafraîchissantes, a bondi cette semaine de 8,8%, à 18,86 €, en hausse de 30,7% depuis le début de l’année. Refresco a annoncé avoir reçu une nouvelle offre de rachat de la part de la société d’investissement PAI Partners. Trois mois après le rejet de sa première offre à 1,4 milliard d’euros, PAI Partners propose désormais 1,6 milliard, soit 19,75 € par action, qui inclut le rachat des activités d’embouteillage du fabricant canadien de boissons Cott pour 1,25 milliard de dollars (qui devrait être finalisé à la fin 2017). Les dirigeants vont examiner cette proposition qualifiée de « non sollicitée, indicative et conditionnelle », en prenant en considération toutes les parties prenantes, précise Refresco.

General Cable fait l’objet de convoitises. A Wall Street, le fabricant de câbles américain a clôturé la semaine sur un gain de 4,75%, à 20,95 dollars, ce qui porte sa capitalisation à 1 milliard de dollars. Selon l’agence Reuters, General Cable, qui avait fait appel en juillet à JP Morgan pour mener une revue stratégique et identifier un éventuel partenaire, a reçu des offres préliminaires de ses concurrents européens, à savoir Prysmian, Nexans et NKT.

En France

Bains de Mer à Monaco : pas de retrait en vue. A l’occasion d’un échange lors du Conseil National de Monaco du 3 octobre 2017, l’existence d’une réflexion sur un projet de retrait de la cote a été évoquée. La société spécialisée dans l’exploitation de casinos et d’hôtels tient à préciser que cette question a déjà fait régulièrement l’objet d’une revue au même titre que de nombreux autres projets stratégiques concernant son capital ou ses activités, et ce depuis de nombreuses années. Et d’ajouter : « l’étude d’un projet de cette nature n’a pas été mise à l’ordre du jour d’un quelconque organe de gouvernance de la société » et « aucune décision n’a été prise sur le sujet ».

Maurel & Prom : le complément de prix part en fumée. Dans le cadre de l’OPA au prix de 4,20 € par action, qui s’est terminée le 9 février 2017, le groupe indonésien PIEP avait précisé qu’un complément de prix de 0,50 € par action serait versé à tous les porteurs d’actions ayant apporté leurs titres à l’offre si, entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2017, le prix du Brent est supérieur à 65 $ par baril sur une période de 90 jours consécutifs. Or, depuis le début de l’année, le prix du Brent n’a jamais dépassé le seuil des 60 $ et, comme il reste désormais moins de 90 jours d’ici le 31 décembre 2017, cette condition ne peut être satisfaite.

Publicis donne des idées. L’action du 3e groupe de communication a gagné 3,09% mardi, à 60,41 €. A l’origine de ce regain d’intérêt, on trouve les spéculations sur un rapprochement avec… Cap Gemini, l’un des principaux prestataires de services informatiques. Dans un entretien au Figaro, Paul Hermelin, son PDG, ne cache pas en effet son intérêt pour le secteur. « Aujourd’hui, ce que l’on appelle la digitalisation de l’expérience client ne représente que 15% de notre chiffre d’affaires, mais est en forte croissance. Pour compléter notre offre sur ce segment de marché, plutôt que de faire des acquisitions dans la publicité, je préfère passer des alliances ; par exemple, avec Publicis, nous avons remporté ensemble le budget McDonald’s et nous travaillons sur d’autres compétitions ». Et d’ajouter : « Si Accenture rachetait un grand groupe mondial de publicité, la pression du marché et des actionnaires deviendrait forte. Il faudrait alors réfléchir à la manière d’aller dans le secteur de la publicité ».

L’équipe du Journal des OPA vous souhaite un superbe week-end et vous remercie de votre fidélité.

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