Rififi en perspective

Fusion Peugeot SA – Fiat Chrysler Automobiles (FCA) : Phitrust s’interroge. Avant et après l’annonce de la signature de l’accord de rapprochement engageant entre PSA et FCA en décembre dernier, Phitrust avait soulevé un certain nombre de questions sur les aspects financiers, environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) du projet. Avant l’assemblée générale des actionnaires, qui doit se tenir le 25 juin prochain, la société de gestion a écrit et renouvelé ses questions au président du Groupe PSA.

1/ Sur l’accord de fusion avec FCA

« Depuis l’annonce du rapprochement des groupes PSA et FCA au dernier trimestre 2019 et l’entrée en récession de l’économie mondiale, le groupe PSA a montré sa résistance grâce à sa situation de trésorerie favorable et à la bonne gestion de ses coûts ; il en a été différemment pour le groupe FCA dont l’équilibre financier est apparu comme plus fragile.

La situation respective des deux groupes qui nous semblait déjà en décembre 2019, ne pas justifier une fusion à 50/50, compte tenu des cessions et des distributions envisagées, de la situation respective des deux groupes en termes industriels (et social…), de leur niveau de préparation aux prochaines normes environnementales et des évolutions imposées au secteur automobile, apparaît aujourd’hui comme étant très différente, et en tous les cas encore plus éloignée de celle qui avait été présentée lors de l’annonce du rapprochement.

Sur les parités de fusion : les parités et les termes de la fusion vont-ils évoluer pour tenir compte de la situation mise en lumière par la crise, et les montants des distributions envisagés vont-ils être revus en conséquence ?

Sur les conséquences d’un échec du rapprochement : qu’est-il prévu en cas de rupture de ce projet de rapprochement et selon quels termes financiers ?

Sur le volet social : dans la présentation du rapprochement, le volet social n’a pas été précisé. Compte tenu de la récession actuelle de l’économie mondiale et des marchés automobile en particulier, quelles sont les perspectives envisagées en termes de baisse des capacités et de fermeture de sites industriels et donc en termes de réduction d’effectifs par zones géographiques et globalement pour le nouveau groupe PSA-FCA ?

Sur la vision stratégique du rapprochement : compte tenu des évolutions technologiques qui se posent au secteur automobile et qui impliquent que ce ne sont plus les constructeurs qui disposent des technologies innovantes (ex. Google avec la conduite autonome), la course à la taille avec un autre constructeur est-elle vraiment la bonne réponse ? »

2/ Sur la rémunération du directoire

« La rémunération des membres du directoire ne devrait-elle pas être revue à la lumière de la crise qu’affronte le secteur automobile et plus spécifiquement compte tenu de la restructuration probable liée à la fusion avec FCA qui va mécaniquement entraîner des licenciements ? »

« L’AGE de PSA qui se réunira le 25 juin 2020 devrait permettre aux actionnaires minoritaires d’exercer leur pouvoir de contrôle, explique Phitrust, notamment en refusant les conventions réglementées présentées aux résolutions 17, 18, 19 et 20, qui marquent le soutien des trois actionnaires principaux au principe et aux termes initiaux de la fusion ».