L'offre du jour

Ablynx, le marché s’attend à une bataille boursière. L’action de cette société biopharmaceutique belge, spécialisée dans les protéines thérapeutiques, bondit encore mardi 9 janvier de 11%, à 34,20 €, soit un gain de 68% sur les cinq dernières séances. La veille, Ablynx a confirmé avoir reçu une proposition conditionnelle non sollicitée du laboratoire danois Novo Nordisk pour acquérir en espèces la totalité des actions d’Ablynx au prix unitaire de 28 € avec un « contingent value right » (CVR) lié à deux événements importants à venir pouvant donner lieu à un complément de prix jusqu’à 2,50 €, ce qui valorise la société 2,6 milliards d’euros.

Mais le conseil d’administration d’Ablynx a décidé à l’unanimité que la proposition de Novo Nordisk n’était pas dans l’intérêt de la société et de ses actionnaires, « car elle sous-évalue fondamentalement le caplacizumab, le pipeline d’Ablynx, sa plate-forme, sa technologie et son savoir-faire », comme l’a déclaré déclare le Dr Edwin Moses, directeur exécutif d’Ablynx. Et d’ajouter : « Le conseil ne voit aucun avantage à céder le contrôle de ses actifs sans une pleine reconnaissance de la valeur des titres détenus par les actionnaires et estime que la contrepartie proposée incluant un instrument complexe comme le CVR ne constitue pas une base de discussions ».

De son côté, « Novo Nordisk regrette que le conseil d’administration d’Ablynx ait jusqu’à présent refusé d’engager la moindre discussion, malgré les propositions mises en avant », comme l’indique le laboratoire danois, lequel avait soumis une première proposition à  26,75 euros, déjà rejetée le 14 décembre dernier.

Plusieurs scénarios sont désormais possibles. Novo Nordisk peut renoncer à son offre, lancer une OPA inamicale aux conditions annoncées ou relever son prix une nouvelle fois pour être en phase avec les conditions de marché et emporter l’adhésion des actionnaires, sachant que le flottant s’élève à 58% et que le bloc d’actionnaires de référence est très fragmenté. A moins qu’un chevalier blanc n’entre en jeu. En l’espèce, les candidats réels ou supposés ne manquent pas : Boehringer Ingelheim, Merck, Novartis, Roche, Shire, Sanofi… Le marché l’a bien compris.