Les points sur les i

Suez : le conseil d’administration est hostile au projet de contrôle de Veolia. Le conseil d’administration de Suez réuni hier a considéré, à l’unanimité des membres présents ou représentés, que le projet d’opération hostile annoncé par son concurrent Veolia, le 30 août, est incompatible avec l’intérêt de Suez et de l’ensemble de ses parties prenantes, en particulier ses actionnaires, ses salariés et ses clients.

  • La structure d’ensemble proposée par Veolia est contestable et expose Suez et ses actionnaires à une longue période de déstabilisation et à un risque de prise de contrôle dans des conditions inacceptables ;
  • Le projet de Veolia de prendre le contrôle de Suez pose d’importants problèmes de concurrence et réglementaires, en France et à l’étranger et, selon Suez, l’acquisition du bloc de 29,9% devra être soumise à plusieurs autorités ;
  • Le « grand champion » constitue un mirage industriel dans les services à l’environnement. Le projet annoncé par Veolia omet des risques d’exécution et des di-synergies majeurs. Il devrait mener à de multiples cessions d’actifs locaux conduisant à un démantèlement et à une dilution de l’empreinte de Suez et de son savoir-faire technologique. Ceci pourrait peser défavorablement lors des renouvellements contractuels prévus au cours des années à venir ;
  • La création de valeur est principalement axée sur des synergies de coûts massives qui ont conduit les 90.000 salariés de Suez à manifester des craintes légitimes sur la préservation de leurs emplois au sein du groupe ;
  • Des clients, municipalités et collectivités, français et étrangers, avec lesquels Suez interagit quotidiennement, ont exprimé une forte opposition au projet de Veolia, qui menace les équilibres de concurrence en place et qui n’offre pas les perspectives de maintien de la qualité de service et d’innovation sur le long terme, légitimement attendue par les usagers et consommateurs ;
  • En ce qui concerne le secteur de l’Eau en France, le projet de cession de l’activité de Suez à Meridiam, dont les termes précis auraient dû être rendus publics, est flou, imprécis et ne semble pas offrir les garanties de sérieux et de crédibilité qui seraient susceptibles d’en faire une solution acceptable au regard des règles de concurrence et pour nos clients qui ont déjà manifesté leur opposition à ce projet.

Le conseil d’administration a conclu que le prix proposé par Veolia à Engie se situe à un niveau très significativement inférieur à la valorisation intrinsèque de Suez. Il apporte dès lors son plein soutien à l’équipe de direction dans la mise en œuvre de l’accélération du plan Suez 2030 ainsi que dans ses recherches d’une solution alternative à celle proposée par Veolia dans l’intérêt de la société et de l’ensemble des parties prenantes du groupe.