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OPA, OPE, fusions, rumeurs… La synthèse de la semaine. OPA sur Baccarat et Serma Group, OPRA en perspective sur Vivendi, scission en vue sur Elior et nombreux changements de tours de table : la semaine a été riche. Voici ce qu’il faut en retenir.

Les nouveautés

En France

Baccarat : Fortune Fountain Capital dépose enfin son offre ! Dix-sept mois après avoir annoncé une promesse d’achat portant sur 88,8% du capital de Baccarat, le groupe chinois a déposé son projet d’OPA, via sa filiale luxembourgeoise Fortune Legend. FFC s’engage à acquérir les actions non détenues au prix unitaire de 222,70 €. Ce prix fait ressortir une décote de 14,3% sur le dernier cours coté avant l’annonce de la promesse d’achat (259,90 €), le 1er juin 2017, et une prime de 0,8% sur la moyenne des 3 derniers mois avant cette date. A noter que l’initiateur n’envisage pas de demander la mise en œuvre d’un retrait obligatoire. Sous réserve du feu vert de l’AMF, l’offre publique devrait se dérouler du 29 novembre au 12 décembre 2018.

Serma Group : OPA en vue de Financière Watt à 235 € l’action. Certains managers et salariés du groupe Serma et Chequers Capital ont investi dans la Financière Watt, nouvel holding de contrôle indirect de Serma Group. Conséquence de cette évolution actionnariale, un projet d’OPA simplifiée libellé au prix unitaire de 235 € sera déposé visant les actions non détenues par Financière Watt, mais sans mise en œuvre d’un retrait obligatoire. Ce prix fait ressortir une décote de 8,2% sur le dernier cours coté sur Euronext Growth et valorise la société spécialisée dans les technologies de l’électronique à forte contrainte 213 millions d’euros.

Vivendi : vers une ouverture du capital d’Universal Music avec une OPRA à la clé. A la suite des travaux effectués par le directoire, une quinzaine de banques ont été présélectionnées. Elles pourraient accompagner Vivendi pour identifier un ou plusieurs partenaires stratégiques pour sa filiale. Après discussions, l’objectif est de retenir au final 5 à 7 banques qui seront chargées de trouver les meilleurs partenaires pour UMG. Les chiffres de l’exercice 2018 d’UMG, publiés le 14 février 2019, serviront de base aux discussions avec les partenaires potentiels. Le cash issu de cette cession pourrait être utilisé pour un programme de rachat d’actions significatif sous forme d’offre publique de rachat d’actions (OPRA) et de potentielles acquisitions.

Elior envisage une séparation de ses activités de concession. Le groupe de restauration collective a annoncé mardi une revue des options stratégiques relatives à ses activités de restauration de concession regroupées au sein de sa filiale Areas. Cette revue, qui pourrait se traduire par une séparation d’Areas du reste du groupe, vise à accélérer le développement de chacune de ses activités et à créer de la valeur pour les actionnaires. Elior fait toutefois observer que cette revue peut déboucher ou non sur une opération. Après avoir bondi de 9,9% en une séance, l’action termine la semaine à 12,66 €, en hausse de 2,7%.

A l’étranger

SAP s’offre Qualtrics International pour 8 milliards de dollars. Le n°1 européen des logiciels professionnels a annoncé l’acquisition du groupe américain spécialisé dans l’étude du comportement des consommateurs en ligne. Cette opération intervient alors que Qualtrics projetait de s’introduire en Bourse sur une valorisation minimale de 6 milliards de dollars (pour un chiffre d’affaires attendu de plus de 400 millions en 2018). Sous réserve des conditions habituelles, l’opération, approuvée par les deux conseils d’administration, devrait être finalisée au 1er semestre 2019.

Les résultats

Banimmo : Patronal Life au-delà des 60%. Banimmo vient de communiquer le résultat de la période initiale d’acceptation de l’offre publique d’acquisition lancée le 24 octobre 2018 par Patronale Life et close le 8 novembre 2018. Il en résulte que 60,1% des actions en circulation ont été apportées et que l’offre est déclarée définitive. En conséquence, la participation de 49,5% d’Affine sera cédée le 19 novembre 2018 à un prix de 18,6 millions d’euros, soit 3,30 € par action. Cette opération marque, pour Affine, la sortie définitive de Banimmo et du marché belge, conformément à sa stratégie de recentrage sur l’immobilier d’entreprise en France.

Tours de table

En France

Société Foncière Lyonnaise : Immobiliara Colonial se renforce. Comme prévu, le groupe espagnol a franchi en hausse les seuils des deux tiers du capital de SFL pour détenir désormais 80,74% du capital et des droits de vote. Ce franchissement de seuil résulte de l’accomplissement des conditions suspensives auxquelles l’opération de cession et d’apport, annoncée le 15 octobre 2018 par Immobiliaria Colonial, était conditionnée. La réalisation effective de l’opération devrait intervenir en novembre.

Foncière Euris : M. Jean-Charles Naouri monte en puissance. Par suite d’achats en Bourse, le concert composé notamment des sociétés Finatis (contrôlée par Euris, elle-même contrôlée par M. Naouri) et Carpinienne de Participations (contrôlée à 99% par Finatis) a franchi le seuil de 90% pour détenir 90,001% du capital et des droits de vote de cette société holding qui contrôle Rallye, elle-même contrôlant Casino.

PSB Industries : Union Chimique pointe à 25%. Par suite d’acquisitions en Bourse, cette société civile, membre du conseil d’administration de PSB Industries, contrôlée et représentée par M. Jean Guittard, a franchi différents seuils pour détenir désormais 25,16% du capital et 21,14% des droits de vote. Union Chimique envisage de poursuivre ses achats d’actions au gré des opportunités qui se présenteront, mais n’envisage pas de prendre le contrôle de PSB Industries.

Tarkett : la famille Deconinck consolide son contrôle. Par suite d’achats en Bourse, le groupe familial a franchi en hausse le seuil des deux tiers des droits de vote pour détenir désormais 50,77% du capital et 66,82% des droits de vote du groupe spécialisé dans les revêtements de sols et les surfaces de sports.

A l’étranger

Aimmune Therapeutics : Nestlé se renforce dans le capital. L’une des filiales du géant suisse de l’agro-alimentaire va investir 98 millions de dollars dans la biotech américaine, en achetant 3,24 millions d’actions au prix unitaire de 30,27 $ d’ici la fin de l’année. Ce faisant, Nestlé va porter sa participation de 14,5% à 19% dans le capital d’Aimmune Therapeutics et son investissement total à 293 millions de dollars. Le partenariat stratégique sur le développement de traitements contre les allergies alimentaires, lancé en novembre 2016, est prolongé de deux années supplémentaires.

Axa Equitable Holdings (EQH) : Axa fixe le prix de l’action à 20,25 $. La clôture de l’offre secondaire, qui porte sur 60.000.000 actions ordinaires de sa filiale américaine, est prévue le 20 novembre 2018. Axa a consenti aux banques du syndicat une option permettant l’acquisition de 9.000.000 actions supplémentaires. A la conclusion de l’offre (en supposant un exercice intégral par les banques de leur option d’achat) et du rachat d’actions (portant sur 30.000.000 actions), les produits totaux s’élèveraient à environ 2 milliards de dollars et la participation d’Axa au capital d’EQH passerait de 72,2% à 57,5% des actions ordinaires.

A savoir

Le PDG de Covéa quitte le conseil d’administration de Scor. M. Thierry Derez a décidé de démissionner avec effet immédiat du conseil d’administration de Scor, « compte tenu des obstacles mis par Scor à l’exercice de son mandat d’administrateur, qui ne lui permettent plus d’accomplir les missions attachées à ce mandat », comme l’explique la compagnie d’assurances. M. Derez s’était mis en retrait, le 27 septembre 2018, dans un souci d’apaisement (suite au rejet par Scor d’une offre de Covéa au prix de 43 € par action). Malgré cette volonté d’apaisement, Covéa « constate le refus persistant de tout dialogue de Scor avec son premier actionnaire, qui ne sera désormais plus représenté au conseil d’administration ».

Ingenico fait le point sur l’avancement des discussions. « Nous avons fait l’objet d’approches préliminaires et Natixis a souligné récemment qu’il ne s’agissait pas d’un projet d’OPA. De façon générale, un rapprochement avec un autre acteur pourrait faire sens si cela nous permettait de faire la différence dans le domaine du traitement des transactions », explique Nicolas Huss, nouveau directeur général d’Ingenico, dans un entretien aux Echos. « C’est une activité qui est en train de se consolider extrêmement vite. La taille devient critique et le ticket d’entrée est en train de monter ». En tout état de cause, « il n’y a pas de sujet tabou ».

L’équipe du Journal des OPA vous souhaite un week-end fluide et vous remercie de votre fidélité.

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