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OPA, OPE, fusions, rumeurs… La synthèse de la semaine. Dépôt de l’offre sur Altran, OPA en vue sur Oceasoft, relèvement du prix de l’OPA sur Osram, fin des discussions entre Philip Morris et Altria Group, sans oublier les opérations en cours (Millet Innovation, Evolis, Terreïs, Aurea) : la semaine a été riche. Voici ce qu’il faut en retenir.

Les nouveautés

Sur Euronext Paris

Capgemini a déposé son OPA amicale sur Altran auprès de l’AMF, en vue de la création d’un leader mondial de la transformation digitale des entreprises industrielles et de technologie. Le prix proposé de 14 € par action fait ressortir une prime de 30% par rapport à la moyenne des cours de l’action sur le mois précédant l’annonce et une prime de 33% sur la moyenne de 3 mois. Le rapport de l’expert indépendant désigné par le conseil d’administration, le cabinet Finexsi, a conclu que le prix proposé était équitable d’un point de vue financier pour les actionnaires d’Altran. A noter que Capgemini a déjà obtenu l’autorisation du CFIUS aux Etats-Unis pour son projet d’acquisition.

Oceasoft : OPA en vue de Dickson. Le groupe américain est entré en négociations exclusives en vue d’acquérir les participations détenues par différents actionnaires, représentant ensemble 62,08% du capital de ce concepteur de capteurs intelligents et connectés pour l’industrie. En cas de réalisation de la cession de bloc, Dickson déposerait un projet d’OPA simplifiée au prix unitaire identique de 2,85 €. Ce prix valorise Oceasoft 10,5 millions d’euros et fait ressortir des primes respectivement de 96% par rapport au cours moyen pondéré sur les 60 dernières séances au 23 septembre 2019 et de 101% par rapport au cours de clôture à cette date.

Sur les marchés étrangers

Osram Licht : AMS relève le prix de son OPA. Le groupe autrichien, spécialisé dans les capteurs optiques, a décidé de relever de 6,5% le prix de son offre de 38,50 € à 41 € par action Osram Licht, faisant ressortir une prime de 42% sur le cours précédant les premiers mouvements spéculatifs (28,92 €). A ce niveau, le spécialiste allemand de l’éclairage est valorisé près de 4,6 milliards d’euros. AMS entend ainsi « mettre fin à toute spéculation au sujet d’une incertaine offre indicative d’une tierce partie », comme l’a déclaré Alexander Everke, président de la société. Le règlement de l’offre sera soumis à un seuil d’acceptation minimal de 62,5%. AMS encourage désormais tous les actionnaires d’Osram à apporter leurs actions avant le 1er octobre 2019.

Philip Morris International et Altria Group ont mis fin aux discussions. Les deux géants du tabac ont annoncé la fin des pourparlers en vue d’une fusion entre égaux. « Après de longues délibérations, les sociétés ont convenu de se concentrer sur le lancement d’IQOS aux États-Unis dans le but de créer un avenir sans fumée », a déclaré André Calantzopoulos, PDG de Philip Morris International.

Les opérations en cours

Terreïs : l’OPR se déroule du 26 septembre au 9 octobre 2019. Ovalto, société contrôlée par M. Jacky Lorenzetti (président fondateur de Terreïs), qui détient désormais 96,36% du capital, s’engage à acquérir les titres non détenus aux prix unitaires de 34,62 € par action ordinaire et de 38,34 € par action de préférence, identiques à ceux offerts lors de l’OPRA. Le prix de 34,62 € fait ressortir une prime de 0,3% sur le cours du 23 août 2019 et une prime de 4,3% sur la moyenne pondérée des cours sur les 3 mois précédant cette date. Il fait par ailleurs apparaître un bonus de 10,4% par rapport à l’actif net réévalué triple net EPRA au 30 juin 2019 (31,36 €), distributions détachées, retraité de l’OPRA. Ovalto a demandé à l’AMF de procéder au retrait obligatoire dès la clôture de l’OPR, quel qu’en soit le résultat.

Evolis : l’OPA simplifiée est ouverte du 27 septembre au 18 octobre 2019. A la suite de l’apport des participations des actionnaires de référence et de certains actionnaires historiques, Cedys & Co, structure nouvellement créée et contrôlée par ces derniers, détient désormais 63,54% du capital de cette société spécialisée dans les solutions d’identification sur cartes plastiques. Cedys & Co s’engage donc à acquérir les titres non détenus au prix de 30 € par action. Ce prix fait apparaître une prime de 23% sur le dernier cours coté avant l’annonce de l’opération et une prime de 30,7% sur la moyenne des cours des 3 derniers mois avant cette date.

Aurea : l’OPRA dans les starting blocks. L’AMF a examiné le projet d’offre, initié par ce spécialiste de la régénération des déchets, et l’a déclaré recevable (visa n° 19-454). L’OPRA porte sur un maximum de 2.300.000 actions, soit 18,84% du capital, au prix unitaire de 6,50 €. Ce prix fait ressortir une prime de 11,3% par rapport au cours de clôture du 31 juillet 2019 et une prime de 18,1% par rapport à la moyenne pondérée des cours sur les 3 derniers mois avant cette date. Joël Picard, qui détient 56,20% du capital, a fait part de son engagement de ne pas apporter ses titres à l’offre. Dans l’hypothèse où le nombre d’actions apportées à l’OPRA serait supérieur à 2.300.000 actions, il sera procédé à une réduction des demandes proportionnelle.

Millet Innovation : Curae Lab au-delà des 90%. Cette société, spécialisée dans les produits de podologie vendus en pharmacies, a été informée que Curae Lab (contrôlée par M. Franck Sinabia), a franchi, le 25 septembre 2019, les seuils de 90% du capital et des droits de vote. Ce franchissement de seuil résulte d’une acquisition d’actions sur le marché. Millet Innovation a également été informée de l’intention de Curae Lab de demander à l’AMF dans un délai de dix jours de négociation à compter de la publication du résultat de l’OPA simplifiée la mise en œuvre d’une procédure de retrait obligatoire.

Les résultats

Kas Bank : Caceis au-delà du seuil des 95%. Les deux établissements ont déclaré qu’à l’issue de la période de l’OPA, 95,30% de titres en circulation ont été apportés. Caceis indique que son offre sur Kas Bank est désormais inconditionnelle, toutes les conditions suspensives étant satisfaites ou ayant fait l’objet d’une renonciation. Le règlement-livraison des titres a eu lieu le 27 septembre 2019. Les actionnaires n’ayant pas encore apporté leurs titres pourront le faire, dans les mêmes termes et conditions (soit au prix de 12,75 € par action), pendant la période de réouverture de l’offre qui se terminera lundi 7 octobre 2019 à 17h40.

Tours de table

Robertet : Firmenich International acquiert plus de 17% du capital. Ce groupe suisse, un des leaders mondiaux de parfums et d’arômes, a conclu un accord avec First Eagle Investment Management pour acquérir la participation détenue par ses clients dans Robertet, représentant 17,39% du capital. La transaction a été réalisée au prix de 683,30 € par titre (303.875 actions et 97.305 certificats d’investissement), soit un montant de 274 millions d’euros. Si cela lui est proposé, « Firmenich International étudiera la possibilité de prendre une participation de contrôle ». En tout état de cause, Firmenich envisage de continuer d’acquérir des actions Robertet, en fonction des opportunités. Et, si la famille Maubert le lui propose, Firmenich envisage de demander à être représentée au conseil d’administration.

A savoir

Fauvet Girel : Krief Group assignée en justice. Le 19 juin 2018, Krief Group avait conclu un accord portant sur l’acquisition de 96,70% du capital de Fauvet Girel, détenues par son actionnaire historique, la Spaclo et des membres de la famille fondatrice. L’acquisition de ce bloc majoritaire, ainsi que l’OPA consécutive, devraient être réalisés par Krief Group au prix de 33,27 € par action. Fauvet Girel a été informée par les actionnaires vendeurs qu’ils avaient, après mise en demeure restée sans effet, assigné Krief Group devant le juge des référés du tribunal de commerce de Paris en réalisation de la cession des titres Fauvet Girel.

Scor : le fonds activiste CIAM réitère ses critiques contre la direction du réassureur. Dans un courrier adressé à l’administrateur référent de Scor, M. Augustin de Romanet, la présidente de la société de gestion Ciam, Catherine Berjal, réagit à une information de BFM Business selon laquelle la conciliation menée entre Scor et Covéa aurait achoppé en raison du fait que M. Denis Kessler, président de Scor, aurait exigé que Covéa « renonce au principe de racheter Scor au-delà [d’une] période de trois ans » et que cette condition aurait été « irrecevable pour [Covéa], un actionnaire d’une société cotée ». Cette exigence « illustre à nouveau le fait que M. Denis Kessler se comporte en propriétaire de Scor, au mépris de l’intérêt de ses actionnaires », déplore Catherine Berjal. Pour consulter le courrier adressé à M. Augustin de Romanet

L’équipe du Journal des OPA vous souhaite un week-end stimulant et vous remercie de votre fidélité.

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