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OPA, OPE, fusions, rumeurs… La synthèse de la semaine. Dans un marché encore très instable, aucune offre n’a été déposée, mais l’opposition entre Lagardère et Amber Capital en vue de l’assemblée générale du 5 mai prochain suscite l’intérêt.

Les nouveautés

Les couteaux sont désormais tirés entre Arnaud Lagardère, cogérant du groupe éponyme, et Joseph Oughourlian, président d’Amber Capital, premier actionnaire de Lagardère avec 16,4% du capital, en vue de l’assemblée générale du 5 mai 2020.

La démission de M. Patrick Sayer en date du 1er avril 2020 [de ses fonctions de Juge Consulaire au Tribunal de Commerce de Paris] est intervenue après que Lagardère ait révélé au Tribunal de Commerce de Paris, le 26 mars 2020, une série d’interférences personnelles depuis novembre 2019 dans les contentieux opposant Lagardère à Amber Capital, alors même que le Tribunal de Commerce de Paris au sein duquel il était juge, est saisi de ces contentieux. Lagardère SCA s’étonne donc que, dans ce contexte, Amber Capital n’a pas hésité à maintenir M. Patrick Sayer parmi les candidats au conseil de surveillance, présenté en qualité de « membre indépendant ».

Amber Capital, de son côté, se félicite du rapport d’Institutional Shareholder Services (ISS) qui soutient ses recommandations pour une transformation en profondeur du conseil de surveillance de Lagardère, ainsi que de la structure du groupe. Dans son rapport du 15 avril 2020, ISS recommande la fin des mandats de 50% des membres du conseil de surveillance actuel, dont le président, et leur remplacement par les candidats proposés par Amber Capital. Ainsi, ISS reconnaît que le groupe a maintenant besoin d’un nouveau conseil de surveillance pour répondre aux priorités soulignées par Amber, parmi lesquelles le contrôle des décisions prises par la gérance, l’examen de la rémunération du gérant et la transformation de l’actuelle structure en commandite en une société anonyme ordinaire.

Selon Les Echos, « plusieurs capitaines de l’industrie et de la finance françaises, dont Marc Ladreit de Lacharrière et sans doute Vincent Bolloré, sont en train de voler au secours d’Arnaud Lagardère ». Ces derniers « seraient entrés ou envisageraient d’entrer au capital du groupe d’édition et de distribution dans le but de pouvoir lui apporter des voix lors de son assemblée générale du 5 mai ». L’action Lagardère termine la semaine sur une envolée de 19,5%, à 17,45 €.

Les opérations en cours

Harvest désigne un expert indépendant. A la suite de l’annonce de l’OPR de Winnipeg Participations au prix de 90 € par action, le conseil d’administration d’Harvest a désigné Associés en Finance comme expert indépendant chargé d’établir un rapport sur les conditions financières de l’offre. En l’absence de comité ad hoc constitué majoritairement d’administrateurs indépendants, la désignation de l’expert indépendant est soumise au droit d’opposition éventuel de l’AMF. Le conseil d’administration se réunira à nouveau pour émettre son avis motivé sur l’offre après avoir pris connaissance du rapport de l’expert indépendant.

Godewind Immobilien : l’OPA de Covivio court jusqu’au 22 avril 2020. Après le feu vert donné par l’Autorité fédérale allemande de surveillance financière (BaFin), l’ex-Foncière des Régions a ouvert son offre publique sur l’ensemble des actions de Godewind Immobilien, foncière cotée spécialisée dans l’immobilier de bureaux en Allemagne. L’offre est lancée au prix de 6,40 € par action et bénéficie du plein soutien du management et du conseil de surveillance de Godewind. Ce prix fait ressortir une prime de 14,9% sur le dernier cours avant l’annonce de l’opération (5,57 €) et valorise la société près de 700 millions d’euros. Covivio entend mener l’offre de façon à satisfaire aux conditions de retrait de la cote requises par le droit allemand.

RIB Software : l’OPA de Schneider Electric se déroule également jusqu’au 22 avril 2020. Après avoir obtenu l’approbation de la BaFin, Schneider Electric a lancé son OPA volontaire sur la totalité des actions RIB Software. Pour chaque action de ce spécialiste allemand des logiciels de construction, Schneider Electric offre 29 € par action, soit une prime de 40,6% par rapport au cours du 12 février 2020 et de 37,6% par rapport à la moyenne des trois derniers mois avant cette date. L’OPA est soumise à la réalisation d’un seuil d’acceptation minimal de 50% plus 1 de la totalité des actions en circulation et à l’obtention des approbations réglementaires de la part des autorités antitrust et du comité sur les investissements étrangers aux États-Unis.

A savoir

L’interdiction des ventes à découvert est prolongée jusqu’au 18 mai. Considérant que les circonstances exceptionnelles restent à ce jour une menace sérieuse pour la confiance des marchés, le Collège de l’AMF a décidé de renouveler jusqu’au 18 mai la mesure d’interdiction prise le 17 mars 2020. L’interdiction de toute création de position courte nette ou d’augmentation d’une position courte nette existante vaut pour toute personne établie ou résidant en France ou à l’étranger dès lors que la position concerne une action admise à la négociation sur une plate-forme de négociation établie en France et que le titre relève de la compétence de l’AMF. Elle s’applique depuis le 18 mars 2020 à 0 heure jusqu’au 18 mai 2020 à 23 heures 59.

Bruits de marché

Nokia très entourée en Bourse. L’action de l’équipementier télécoms s’est adjugé vendredi 2%, après avoir déjà gagné la veille 7,2%, portant sa capitalisation boursière à 18 milliards d’euros. Selon des informations recueillies par le site TMT Finance, le groupe finlandais travaillerait avec une banque d’investissement en vue de se défendre contre une  prise de contrôle inamicale. « Nokia ne commente pas les rumeurs de marché », a déclaré en réponse un porte-parole.

Paroles de Pros

Les choix de portefeuille de Tocqueville Odyssée C. Ce fonds spécialisé dans les valeurs susceptibles de faire l’objet d’une opération financière, géré par Stéphane Fraenkel et Pierre Schang, a reculé de 19,7% en mars. « Dans ce contexte de forte volatilité (à des niveaux non atteints depuis la crise financière de 2008), nous avons procédé à différents arbitrages », expliquent les gérants dans leur rapport. « Nous avons notamment allégé ou vendu les sociétés sur lesquelles les perspectives nous semblaient significativement affaiblies sur le moyen terme (Airbus, Elis, Coface, Peugeot, MTU Aeroengines notamment). A l’inverse, nous avons acheté ou renforcé des sociétés nous semblant continuer à offrir un bon profil rendement / risque comme Biomerieux, Euronext ou Prosus ». Au 31 mars 2020, ses principales positions étaient les suivantes : LVMH (7,1%), ASM International (4,7%), Alstom (3,9%), Total (3,8%), Sopra (3,7%) et Ingenico (3,7%).

Etudes et recherche

La crise financière 12 ans après : cinq leçons pour les investisseurs. Face à la progression rapide de l’épidémie, de nombreuses transactions se retrouvent dans l’incertitude. Cependant, les résultats de l’enquête du cabinet Willis Towers Watson suggèrent que l’activité en matière de fusions et acquisitions ne devrait pas être totalement à l’arrêt, la réduction des cours des actions et le grand nombre d’organisations cherchant à se restructurer étant voués à créer de nouvelles opportunités. En outre, les entreprises devront toutes trouver des solutions innovantes afin de récupérer des parts de marché. Pour en savoir plus.

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