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OPA, OPE, fusions, rumeurs… La synthèse de la semaine. Prise de contrôle en vue d’Alstom par Siemens sans offre publique, OPA d’Uniper sur Fortum, de H&F sur Nets et de Dassault Systems sur Exa, sans oublier les opérations en cours (Accès Industrie, Havas, Netgem, Thermocompact, Essilor, Luxottica) et les titres qui agitent le marché (Orange, Ubisoft, Carrefour) : la semaine a été riche. Voici ce qu’il faut en retenir.

Les nouvelles opérations

En France

Alstom : une prise de contrôle de Siemens sans OPA. La transaction en vue de créer un nouveau champion européen dans l’industrie ferroviaire prendra la forme d’un apport en nature de l’activité Mobility de Siemens à Alstom contre des actions émises dans l’entreprise combinée, représentant 50% du capital d’Alstom. Or une opération de fusion ou d’apport d’actifs fait partie des cas de dérogation à l’obligation de lancer une OPA (énumérés à l’article 234-9 du règlement général de l’AMF). Néanmoins, dans le cadre de la fusion, les actionnaires d’Alstom à la veille du closing recevront deux dividendes spéciaux : une prime de contrôle de 4 €, payée après la réalisation de l’opération, et un dividende extraordinaire de 4 € maximum payé par les produits des options de vente d’Alstom dans les co-entreprises avec General Electric. Sur la semaine, Alstom gagne 7,5%, à 35,93 €, en hausse de 37% depuis le début de l’année.

A l’étranger

Uniper : Fortum lance une OPA à 22 € par action. Suite à un accord avec E.ON, qui détient une participation de 46,65% dans le fournisseur de gaz naturel et d’électricité, le groupe finlandais a décidé de lancer une offre publique qui valorise Uniper 8,05 milliards d’euros (3,76 milliards pour la part détenue par E.ON). Le prix de 22 € (dividende de 0,69 € inclus au titre de l’exercice 2017) fait ressortir une prime de 36% sur le cours à fin mai avant le début des mouvements spéculatifs.

Nets : Hellman & Friedman propose 165 couronnes par action. Après avoir reçu plusieurs marques d’intérêt, la société de paiements danoise Nets annonce avoir reçu une offre de rachat de 33,1 milliards de couronnes (4,45 milliards d’euros) de la part d’Evergood 5, société contrôlée par des fonds gérés par Hellman & Friedman. Le prix de 165 couronnes offre une prime de 27% sur le cours du 30 juin, dernière séance avant l’annonce des premières marques d’intérêt. Des actionnaires représentant 46% du capital ont d’ores et déjà accepté d’apporter leurs actions à l’offre.

Dassault Systems lance une OPA amicale sur Exa Corp. L’éditeur français de logiciels de conception par ordinateur annonce le rachat de l’éditeur américain, spécialisé dans la gestion des fluides pour l’aéronautique, l’automobile et le secteur pétrolier, pour un montant de près de 400 millions de dollars. Selon les termes de l’accord, approuvé à l’unanimité par le conseil d’administration d’Exa, une filiale de Dassault Systèmes lancera une OPA au prix de 24,25 $ par action, faisant ressortir une prime de 43% par rapport au dernier cours sur le Nasdaq avant l’annonce.

Les opérations déposées

Accès Industrie : AI Holding a déposé son offre. Cette structure, qui détient directement et par l’intermédiaire de Financière Accès Industrie et Accès Investissements, 91,68% du capital, s’engage à acquérir chaque action du spécialiste de la location de chariots et de nacelles élévatrices au prix unitaire de 6,78 €. Ce prix extériorise une décote de 41% sur le dernier cours du 22 juin 2017 (11,50 €) avant l’annonce de l’opération et une décote de 10,4% sur la moyenne des cours pondérés des volumes sur les trois derniers mois précédents (7,57 €). A noter que l’initiateur a l’intention de demander la mise en œuvre d’un retrait obligatoire. Sous réserve du feu vert de l’AMF, l’offre devrait se dérouler du 19 octobre au 8 novembre 2017.

Les opérations en cours

Havas : Vivendi a déjà franchi les deux tiers du capital. Dans le cadre de l’OPA simplifiée qui se déroule jusqu’au 4 octobre 2017, au prix de 9,25 € par action, Vivendi a porté son contrôle de 59,21% à 71,44% dans le capital du groupe de communication. Le prix offert, rappelons-le, fait ressortir une prime de 11,2% sur le dernier cours avant l’annonce de l’opération, le 10 mai 2017, et une prime de 12,8% sur la moyenne des 3 derniers mois avant cette date. Vivendi n’a pas l’intention de mettre en œuvre de retrait obligatoire, ni de demander la radiation des actions.

Netgem : l’Opra est ouverte jusqu’au 27 octobre 2017 inclus. L’offre publique de rachat porte sur 10.000.000 actions au maximum au prix unitaire de 2,50 €, soit 24,18% du capital, faisant ressortir une prime de 3,9% sur le cours avant l’annonce. Les sociétés J.2.H. et Fast Forward ont fait part de leur intention d’apporter à l’offre respectivement 14,26% et 5,08% du capital. Dans l’hypothèse où le nombre d’actions apportées à l’Opra serait supérieur à 10.000.000 actions, une réduction des demandes proportionnelle serait appliquée.

Thermocompact : prise de contrôle effective par Edify. Cette société a acquis la totalité du capital de Thermo Technologies, holding de contrôle détenant 84,5% du capital de Thermocompact, spécialisé dans le revêtement de surface par métaux précieux et les fils spéciaux de haute technicité. Cette prise de contrôle sera suivie d’une OPA, assortie, le cas échéant, d’un retrait obligatoire, au prix unitaire de 45,20 € (après détachement du dividende de 1,60 €). Les actionnaires de Thermo Technologies également présents au capital de Thermocompact se sont d’ores et déjà engagés à apporter leurs titres à l’offre, représentant 4,1% du capital.

Essilor/Luxottica : Bruxelles ouvre une enquête approfondie. A ce stade, la Commission européenne craint que l’entité issue de la concentration utilise les marques puissantes de Luxottica comme Ray-Ban et Oakley pour convaincre les opticiens d’acheter les verres d’Essilor et évincer les autres fournisseurs de verres, en recourant à des pratiques telles que les ventes groupées ou liées. La Commission examinera si un tel comportement pourrait avoir des effets négatifs sur la concurrence, comme limiter les choix d’achat ou augmenter les prix. L’opération a été notifiée à la Commission le 22 août 2017. Elle dispose d’un délai de 90 jours ouvrables (jusqu’au 12 février 2018) pour arrêter une décision.

Lu dans la presse

Orange : pas de mariage avec un autre opérateur. « Bouygues est dans une logique de développement solitaire. A court terme, il n’y a guère de possibilités de rapprochement, explique Stéphane Richard, PDG d’Orange, dans un entretien au journal Les Echos. Pour Vivendi, il n’y a aucune discussion. Vivendi c’est un mix de contenus dont certains, comme la musique, ne sont pas pertinents pour Orange. Certes, Vivendi détient 25% de Telecom Italia, mais nous ne sommes pas intéressés à les reprendre. Quant à Canal+, la stratégie de partenariat renforcé me va bien ». Pour consulter l’entretien des Echos : https://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/030634281924-stephane-richard-je-prefere-investir-dans-la-fibre-que-dans-le-foot-2118007.php

Ubisoft : « on saura bientôt à quoi joue Vivendi ». « En application de la loi Florange, Vivendi va bénéficier le 20 novembre de droits de vote double pour ses actions Ubisoft inscrites au nominatif depuis deux ans (soit au moins 11,4% du capital détenu), explique Le Revenu. A cette date, Vivendi franchira automatiquement en hausse la barre de 30% des droits de vote (il en possède à ce jour 25,2%), seuil correspondant au déclenchement d’une OPA obligatoire ». « Aucun des cas de dérogation à l’obligation de déposer une OPA prévus par le règlement général de l’AMF ne semble pouvoir s’appliquer dans cette hypothèse », prévient Muriel Goldberg-Darmon, avocat associé au cabinet Cohen & Gresser, interrogée par l’hebdomadaire. Pour consulter l’article du Revenu : http://www.lerevenu.com/bourse/ubisoft-le-20-novembre-saura-quoi-joue-vivendi

Carrefour racheté par Amazon : la rumeur du siècle. « Depuis la rentrée, une rumeur enfle dans les salles de marchés : celle d’une OPA d’Amazon sur Carrefour », explique l’hebdomadaire Valeurs Actuelles dans un article très fouillé. « Les analystes ont fait leurs calculs. Carrefour n’est pas cher : il pèse 13 milliards d’euros en Bourse contre 394 milliards pour Amazon, soit trente fois plus pour des chiffres d’affaires relativement similaires, de l’ordre de 100 milliards ». Et ce d’autant qu’à la mi-juin, « le spécialiste de la vente en ligne Amazon a fondu sur Whole Foods Market, un groupe de distribution de produits alimentaires biologiques ». Pour consulter l’article de Valeurs Actuelles : https://www.valeursactuelles.com/economie/rachat-de-carrefour-par-amazon-la-rumeur-du-siecle-88887

L’équipe du Journal des OPA vous souhaite un très beau week-end et vous remercie de votre fidélité.

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