Résultat des courses

Natixis : BPCE franchit le seuil de 90% du capital ouvrant la voie à un retrait obligatoire. Dans le cadre de son OPA simplifiée au prix de 4 € par action, BPCE a franchi, jeudi 8 juillet, la veille de la clôture officielle, le seuil de 90% du capital et des droits de vote de Natixis, ce qui lui permettra de demander la mise en œuvre d’une procédure de retrait obligatoire, comme mentionné dans ses intentions relatives à l’offre publique.

Pour rappel, l’OPA de BPCE, qui devait être close initialement le 1er juillet dernier, avait été prolongée pour une durée de six jours de Bourse, soit jusqu’au 9 juillet 2021 inclus. « Une part du capital de Natixis (et donc du flottant résiduel) est détenue par des fonds indiciels qui n’ont pas été en mesure de décider l’apport à l’offre tant que BPCE n’avait pas franchi le seuil de détention de 85% », avait alors expliqué la banque mutualiste. « La prolongation de la durée de l’offre vise à permettre notamment à ces fonds indiciels de prendre leur décision en tenant compte du niveau de détention atteint par BPCE à ce jour ». Les résultats définitifs de l’offre feront l’objet d’un avis publié par l’AMF après sa clôture et la demande de retrait obligatoire interviendra dans la foulée.

Certes, le groupe BPCE réussit son OPA sur sa filiale bancaire, mais l’image de Natixis a été sensiblement écornée par cette opération dans la mesure où nombre de particuliers avaient participé à l’introduction en Bourse, fin 2006, au prix de… 19,55 € par action. Leurs arguments : le prix de l’offre publique est inférieur : 1) aux cours historiques de Natixis, notamment son cours d’introduction en Bourse en 2006 ; 2) à l’actif net comptable au 31 décembre 2020 (5,40 € par action) ; 3) à la valeur de la participation de Natixis dans les comptes sociaux de BPCE, soit 5,30 € par action.

La banque présentatrice et l’expert indépendant ont valorisé Natixis selon une analyse multicritères, avait constaté l’AMF. D’abord, « la référence à l’introduction de la société sur le marché réglementé est trop ancienne et, par conséquent, inopérante ». Ensuite, « la valeur d’utilité de Natixis inscrite dans les comptes de BPCE repose sur des paramètres, tenant compte de la situation spécifique de BPCE, lesquels sont différents de ceux retenus dans le cadre d’une valorisation de Natixis ». Enfin, « s’agissant de la référence à l’actif net comptable, celle-ci doit être relativisée en raison des contraintes réglementaires et du fait que la rentabilité des capitaux propres est inférieure au rendement attendu par les investisseurs, ce qui explique les décotes observées historiquement de la valeur des fonds propres par rapport aux actifs nets des banques françaises et européennes ».

En tout état de cause, « la prise en compte de ces deux références (valeur d’utilité et actif net comptable) au même rang que les critères mis en œuvre tant par la banque présentatrice que par l’expert indépendant, ne remet pas en cause le prix proposé par action ». Sur ces bases, l’AMF avait déclaré conforme le projet d’OPA simplifiée.

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