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LVMH fait confiance à la justice américaine pour juger en toute sérénité le litige qui l’oppose à Tiffany. LVMH a déposé hier soir devant la Cour du Delaware ses conclusions visant à ce que le Tribunal rejette la demande de Tiffany de statuer dans un délai si court qu’il serait incompatible avec une administration de la justice dans la sérénité. Aucune raison objective ne s’oppose à ce que le procès à venir ne se déroule dans un délai normal, explique le leader mondial du luxe.

« En demandant à la justice de statuer en urgence – et en communiquant de façon aussi fébrile que précipitée –, les dirigeants de Tiffany n’ont pour objectif que d’éviter d’avoir à répondre, notamment devant leurs actionnaires, de leur mauvaise gestion et de voir leurs arguments contre LVMH tomber les uns après les autres.

En effet, ils savent pertinemment, d’une part, que les autorisations des autorités de la concurrence seront obtenues bien avant le 24 novembre, de sorte que leurs reproches sur ce thème sont sans fondement et, d’autre part, que les prochains résultats de Tiffany ne feront que confirmer l’occurrence d’un material adverse effect et la médiocrité de leur management pendant la crise, lequel a principalement consisté à creuser les pertes et accroître les dettes au détriment de l’intérêt de la société.

A cet égard, les affirmations du management en place de Tiffany selon lesquelles « les profits à venir sur le 4ème trimestre 2020 seront supérieurs à ceux de l’année précédente » sont purement fantaisistes, voire inquiétantes. Le seul moyen d’approcher cet objectif serait, en effet, de ralentir très fortement tous les investissements en cours, notamment en matière de marketing et de communication, ce qui est évidemment préjudiciable à l’avenir de la marque et totalement contraire à la marche normale des affaires.

Il n’y a aucune raison pour qu’un jugement sur ce contentieux soit rendu dans l’urgence. Eu égard aux enjeux tant juridiques que financiers – dans un contexte de pandémie qui pèse nécessairement sur la capacité d’un groupe européen à organiser sa défense aux Etats-Unis –, il semble à LVMH de bonne justice que de s’accorder un délai raisonnable pour statuer.

Tiffany craint manifestement une justice sereine et équitable. LVMH, de son côté, fait toute confiance à la justice américaine pour démontrer que les conditions nécessaires à l’acquisition de Tiffany ne sont plus réunies et que les arguments fallacieux mis en avant par Tiffany sont infondés. C’est à la Cour du Delaware de dire qui est dans son bon droit, et non au Président de Tiffany par voie de presse ».