Rififi en perspective

Guerre judiciaire entre la Scor, Covéa et M. Thierry Derez. Après la décision de Covéa de mettre un terme définitif à son projet de rapprochement avec la Scor, les deux groupes d’assurances vont désormais se retrouver sur le terrain judiciaire, ainsi que le président-directeur général de Covéa, M. Thierry Derez.

« Covéa a constaté le refus de Scor d’engager tout dialogue en relation avec son projet de rapprochement amical proposé le 24 août 2018 », explique l’assureur dans un bref communiqué, publié à l’heure du déjeuner. Et d’ajouter : « Les attaques et manœuvres hostiles et répétées dont Covéa a fait l’objet depuis lors se sont intensifiées ces derniers jours. En conséquence, Covéa indique qu’un rapprochement avec Scor ne fait plus partie de ses options stratégiques ».

La réponse ne s’est pas fait attendre, d’autant que l’action Scor dévisse actuellement de 13,6%, à 35,56 €. « Scor vient de découvrir avec stupeur que Covéa a diffusé un communiqué de presse pendant les heures de cotation indiquant qu’une « transaction avec Scor ne fait plus partie de ses priorités stratégiques ». Scor a décidé de porter cette affaire auprès de l’AMF. Le Groupe n’avait pas été préalablement informé du changement de position de Covéa et dément l’affirmation de Covéa selon laquelle il aurait mené « des attaques continues et des tactiques hostiles contre Covéa ». Scor n’a fait aucune déclaration publique concernant Covéa et ses intentions depuis son communiqué du 13 novembre 2018 », explique le groupe dirigé par Denis Kessler.

Scor a engagé les actions judiciaires suivantes : une action pénale contre M. Thierry Derez, pour abus de confiance ; une action pénale contre Covéa, pour recel d’abus de confiance ; et une action en responsabilité civile, contre Rothschild en France, et contre Barclays, devant la High Court of Justice de Londres, pour violation grave de la confidentialité et du secret des affaires de Scor.

Scor entend engager également les actions judiciaires suivantes : une action en responsabilité civile contre M. Thierry Derez, pour violation grave de ses obligations légales et fiduciaires en tant qu’administrateur en son nom propre de Scor (notamment en matière de loyauté, conflit d’intérêts et confidentialité) ainsi que du secret des affaires de Scor ; et une action en responsabilité civile contre Covéa, pour avoir participé et bénéficié des manquements graves de M. Thierry Derez.

« Ces procédures ont pour objet de voir sanctionner et réparer les fautes pénales et civiles alléguées ayant résulté, entre autres, du détournement, de la transmission et de l’usage illicites de documents et d’informations sensibles et strictement confidentiels de Scor dont bénéficiait Monsieur Thierry Derez en sa qualité d’administrateur en son nom propre de Scor », explique la Scor.

Scor a été informé par Crédit Suisse en novembre 2018 de sa décision, pour des raisons liées au respect de la conformité et des lois et règlements en vigueur, de retirer son soutien à tout projet de Covéa de prendre le contrôle de Scor. « Scor salue cette décision de Crédit Suisse, qui est tout à son honneur ». Scor a l’intention d’informer les autorités réglementaires compétentes en France et à l’étranger de ces actions judiciaires et « reste entièrement mobilisé pour défendre son indépendance et son autonomie et poursuivre son développement créateur de valeur ».