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Bruxelles relève ses prévisions de croissance. L’économie de la zone euro est en bonne voie pour croître cette année à son rythme le plus rapide depuis dix ans, la croissance du PIB réel devant atteindre 2,2 % selon les nouvelles prévisions de la Commission européenne. Ce chiffre est nettement plus élevé que celui annoncé au printemps (1,7 %). Avec une croissance de 2,3 %, l’économie de l’ensemble de l’UE devrait elle aussi dépasser largement les prévisions (1,9 % au printemps).

Les résultats affichés par l’économie européenne cette année sont nettement meilleurs que ce qui était prévu, en raison de la résilience de la consommation privée, du renforcement de la croissance mondiale et du recul du chômage, explique Bruxelles. On observe également un redémarrage de l’investissement, qui bénéficie de conditions de financement favorables et d’un climat économique beaucoup plus serein après la dissipation de l’incertitude. Tous les Etats membres connaissent actuellement une phase d’expansion économique et voient la situation de leur marché du travail s’améliorer, mais les salaires ne progressent que lentement.

La reprise conjoncturelle est ininterrompue depuis maintenant 18 trimestres, mais elle demeure incomplète, comme en témoignent, par exemple, la sous-utilisation persistante de la main-d’œuvre et la croissance anormalement faible des salaires. La croissance du PIB et le niveau de l’inflation demeurent donc tributaires des pouvoirs publics. La Banque centrale européenne a maintenu sa politique monétaire très accommodante, tandis que d’autres banques centrales dans le monde ont commencé à relever leurs taux d’intérêt. Même s’il est prévu que certains Etats membres de la zone euro adoptent une politique budgétaire expansionniste en 2018, l’orientation budgétaire générale de la zone euro devrait rester globalement neutre.

Les risques que l’évolution économique soit meilleure ou moins bonne qu’escompté sont globalement équilibrés. Les principaux risques à la baisse sont extérieurs et liés aux fortes tensions géopolitiques (par exemple, dans la péninsule coréenne), à l’éventualité d’un resserrement des conditions financières à l’échelle mondiale (en raison, par exemple, d’une aversion croissante au risque), à l’ajustement de l’économie chinoise ou à l’expansion du protectionnisme. Dans l’Union européenne, les risques à la baisse sont liés aux négociations sur le Brexit et à leurs résultats, ainsi qu’à la forte appréciation de l’euro et à l’augmentation des taux d’intérêt à long terme. En revanche, la diminution de l’incertitude et l’amélioration du climat en Europe, de même qu’une croissance mondiale plus forte dans le reste du monde, pourraient aboutir à une croissance plus vigoureuse que prévu dans l’UE.