Rififi en perspective

Lagardère : Amber Capital, devenu premier actionnaire, souhaite transformer la gouvernance. Fort de sa position de premier actionnaire avec 16,42% du capital et 12,48% des droits de vote, Amber Capital a décidé de déposer des résolutions à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale du 5 mai 2020, afin de renouveler intégralement le conseil de surveillance de Lagardère. Selon le fonds activiste, sa sous-performance structurelle en Bourse reflète une défiance certaine du marché vis-à-vis du groupe, de ses décisions stratégiques et de sa gouvernance.

A ses yeux, plusieurs éléments expliquent cette sous-performance :

  • Une concentration des pouvoirs : une structure en commandite par actions qui centralise tous les pouvoirs autour d’une même personne.
  • Une décennie d’erreurs stratégiques majeures : une stratégie d’allocation de capital qui s’est révélée extrêmement coûteuse pour le groupe, ses employés et ses actionnaires, et totalement inefficace, puisque la majorité des sommes investies dans la croissance externe ont concerné des branches d’activité structurellement déficitaires (les médias et le sport) au lieu de venir au soutien des branches d’activité performantes et rentables (l’édition et le travel retail).
  • Une surveillance inadéquate : un conseil de surveillance qui n’a pas joué son rôle de contrepouvoir pour contrôler et tirer les conséquences des erreurs stratégiques de la gérance.
  • Un conflit d’intérêts : la situation financière personnelle de l’associé commandite qui est responsable sur ses biens propres est aussi un sujet majeur de préoccupation pour le marché, et, selon nous, une source de conflit d’intérêts dans la politique de dividende proposée par la gérance.

Amber Capital est convaincu que cette sous-performance ne reflète pas la qualité des actifs, ni leur plein potentiel. Il a donc décidé de présenter de nouvelles alternatives stratégiques pour « libérer les forces vives des secteurs de l’édition et du travel retail et de permettre à tous de bénéficier des fruits de cette belle entreprise ». En bref :

  • Abandonner la commandite.
  • Simplifier la structure du groupe et réduire les coûts de la holding.
  • Revoir la politique de dividende et dans un premier temps supprimer le paiement du dividende en 2020 afin de renforcer la liquidité du groupe et protéger la société et ses employés dans un environnement incertain.
  • Libérer davantage de moyens pour développer l’édition (Hachette) et le travel retail.

La première étape pour pouvoir mettre en œuvre ces mesures passe par la transformation de la gouvernance en renouvelant l’intégralité du conseil de surveillance, explique Amber Capital. Il propose donc « une liste de candidats indépendants, compétents et responsables qui pourront enfin implémenter les changements stratégiques qui s’imposent aujourd’hui ». Le rendez-vous est donné.