Etudes et recherche

Fusions & acquisitions : le prix d’achat des PME non cotées reste à un niveau élevé. Après une succession de records historiques sur les trois derniers trimestres, l’indice Argos est en baisse au 3e trimestre 2021 à 11 fois l’Ebitda (excédent brut d’exploitation), mais reste à des niveaux élevés. Pour Argos Wityu et Epsilon Research, à l’origine de cet indice qui reflète l’évolution des valorisations des PME non cotées de la zone euro ayant fait l’objet d’une prise de participation majoritaire, ce chiffre s’explique par plusieurs facteurs.

On note un repli des prix payés par les fonds d’investissement. Les multiples payés par les fonds marquent un net recul à 11,3 fois l’Ebitda, après les records des trois trimestres précédents. Cette baisse est liée à la réduction de la part des opérations centrées sur la santé et la technologie. Les prix payés restent néanmoins élevés, légèrement supérieurs à ceux payés par les industriels. Ils sont portés par les conditions exceptionnelles de financement, le stock de capital à investir et une forte concurrence sur les actifs de qualité. Ainsi, la part des opérations réalisées à des multiples supérieurs à 15 fois l’Ebitda reste élevée au 3e trimestre 2021 pour représenter un quart des opérations analysées.

Les sociétés cotées ensuite ont été très actives. Les multiples payés par les acquéreurs stratégiques restent à un niveau élevé au 3e trimestre, à 10,9 fois l’Ebitda, tirés par les multiples payés par les grandes sociétés cotées. En ligne avec le 1er semestre, ces dernières ont représenté 78% des acquéreurs stratégiques ce trimestre, un niveau record depuis la création de l’indice Argos. Elles bénéficient de la hausse continue des marchés actions et du niveau de leurs propres multiples. Outre les conditions économiques et de financement favorables, leur activité M&A est aussi portée par des changements structurels qui les poussent à des acquisitions structurantes.

L’évolution de l’activité M&A mid-market reste néanmoins contrastée. Par rapport au trimestre précédent, l’activité se stabilise en volume et baisse en valeur. La reprise du mid-market européen est plus progressive que celle du large-cap européen ou même que celle du mid-cap américain. Les opérations sont plus complexes en raison de la situation atypique et instable créée par la crise du Covid et de la forte reprise qui rendent les prix plus difficiles à fixer. En tout état de cause, la taille moyenne des opérations mid-market reste élevée ce trimestre, autour de 120 millions d’euros.

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