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OPA, OPE, fusions, rumeurs… La synthèse de la semaine. Dans des marchés très instables, en raison de la cinquième vague de Covid-19 et d’une inflation qui n’est sans doute pas transitoire, l’activité est restée calme en matière de fusions/acquisitions, même si de nombreuses opérations sont « dans les tuyaux ».

Les offres en cours

Quatre sociétés sont actuellement en période de pré-offre. Ces sociétés ont fait l’objet d’une annonce d’offre publique, mais le projet n’a pas encore été officiellement déposé auprès de l’AMF. Par ordre d’apparition, il s’agit de SMTPC (projet d’OPA simplifiée de Vinci Concessions et Eiffage au prix de 23 € par action, dividende de 1,90 € attaché), Lagardère (projet d’OPA de Lagardère au prix de 24,10 € par action), Itesoft (projet d’OPA simplifiée de CDML au prix de 4 € par action) et CNP Assurances (projet d’OPA simplifiée de La Banque Postale au prix de 21,90 € par action).

Et neuf sociétés sont actuellement en période d’offre. Pour ces sociétés, le projet d’offre a été déposé auprès de l’AMF, mais l’Autorité de régulation n’a pas encore donné son feu vert à l’opération. Par ordre chronologique, il s’agit de Suez (projet d’OPA de Veolia Environnement au prix de 19,85 € par action), Europcar Mobility Group (projet d’OPA de Green Mobility Holding au prix de 0,50 € par action, avec un complément de prix de 0,01 €), Devoteam (projet d’OPA simplifiée de Castillon au prix de 168,50 € par action), Bel (projet d’OPR d’Unibel au prix de 550 € par action), Prodware (projet d’OPA de Phast Invest au prix de 8,80 € par action), S.T. Dupont (projet d’OPA simplifiée de D and D International au prix de 0,14 € par action), Fauvet Girel (projet d’OPA simplifiée d’Advanced Biological Laboratories au prix de 15,90 € par action), Visiodent (projet d’OPA simplifiée de Groupe Visiodent au prix de 1,80 € par action) et SQLI (projet d’OPA de DBAY Advisors, via Synsion BidCo, au prix de 31 € par action).

Les résultats

IGE+XAO : Schneider Electric Industries sous les 90%. À l’issue de l’OPA simplifiée au prix de 260 € par action, close le 24 novembre 2021, cette filiale du groupe Schneider détient désormais 83,93% du capital et 87,68% des droits de vote de cet éditeur de logiciels de CAO (conception assistée par ordinateur). Les conditions requises pour un retrait obligatoire n’étant pas remplies pour le moment, IGE+XAO restera cotée.

Tours de table

Theradiag : Biosynex monte dans le capital. À la suite d’achat de titres sur le marché et de sa participation à l’augmentation de capital de Theradiag, qui s’est clôturée le 24 novembre 2021, ce spécialiste des tests de diagnostic rapide en France détient désormais 2.468.932 actions, soit 18,82% du capital et 18,89% des droits de vote de cette société spécialisée dans le diagnostic in vitro et le théranostic. Theradiag a pris acte.

Tikehau Capital ne détient plus d’actions Eurazeo. La société d’investissement qui gère 31,8 milliards d’euros d’actifs (au 30 septembre 2021) a finalisé avec succès la cession de l’intégralité de sa position au capital d’Eurazeo. En 2021, Tikehau Capital a ainsi cédé un total de 5.165.207 titres Eurazeo à un prix moyen de 77,48 € par action. L’investissement du groupe au capital d’Eurazeo a généré un résultat de 182 millions d’euros (dividendes inclus) pour Tikehau Capital sur l’ensemble de la période de détention, soit un taux de rendement interne (TRI) de 10,7%.

A savoir

Investissements étrangers : l’abaissement du seuil de contrôle à 10% est prolongé d’un an. Bercy a demandé que la mesure d’abaissement du seuil de 25% à 10%, mis en œuvre en juillet 2020 et qui devait prendre fin au 31 décembre 2021, soit maintenue jusqu’au 31 décembre 2022. Le décret prorogeant cette mesure va être étudié par le Conseil d’Etat dans les prochains jours, et s’appliquera dès le 1er janvier 2022. Les modalités de cette mesure déclenchant le contrôle resteront inchangées : elle ne concerne pas les investisseurs européens ; elle ne porte que sur les investissements réalisés au sein des sociétés cotées ; elle est temporaire et prendra fin au 31 décembre 2022 ; elle s’exerce selon une procédure accélérée : l’investisseur franchissant le seuil de 10% le notifie à la direction générale du Trésor. Le ministre de l’Économie dispose alors de 10 jours pour décider si l’opération doit être soumise à un examen plus approfondi.

SMCP : assemblée générale des actionnaires en vue. À la suite de la décision du conseil d’administration de cet acteur du luxe de ne pas, en l’état, examiner la demande de GLAS de convoquer une assemblée générale, GLAS a demandé, devant le Tribunal de commerce de Paris statuant en référé, la désignation d’un mandataire chargé de convoquer une assemblée générale de SMCP. Sur ordonnance rendue le 30 novembre 2021, le Tribunal de commerce a fait droit à la demande de GLAS et a désigné un mandataire chargé de convoquer une assemblée générale de SMCP. La société informera le marché prochainement des modalités pratiques de réunion de cette assemblée générale.

Alan Allman Associates prend de l’envergure. Cet ensemble de cabinets de conseil à l’international a levé toutes les conditions suspensives et a finalisé l’acquisition des actions du groupe G.D.G. Informatique, spécialiste canadien du conseil en technologie de l’information. Ce rapprochement vise à offrir une position de leader tant dans la province que dans la ville de Québec. Celui-ci favorisera aussi la diversification du portefeuille clients de la société et permettra d’importantes synergies métiers. Grâce à cette opération, le périmètre canadien de la société avoisine 1 000 collaborateurs. Le chiffre d’affaires cumulé attendu pour 2022 devrait atteindre plus de 130 millions de dollars canadiens.

Lu dans la presse

Télécoms : la consolidation n’a pas eu lieu à cause de l’État. « Nous sommes un des rares pays de notre taille dans lequel elle ne s’est pas produite. Si le rachat de Bouygues Telecom par Orange a échoué en 2016, c’est en grande partie à cause de l’État, qui a formulé des exigences déraisonnables », explique Stéphane Richard, futur ex-PDG d’Orange, dans un entretien au Point. Et d’ajouter : « que Bouygues devienne actionnaire d’Orange a été vécu par certains comme une erreur politique. On ne peut pas me reprocher l’échec de ce projet ». Quant aux tentatives avortées d’acquisition à l’étranger, « j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’aller voir l’État pour proposer des schémas de rapprochement, notamment avec Deutsche Telekom. Je me suis toujours heurté à un grand scepticisme. La crainte de l’éloignement du centre de décision, d’une forme de dilution de l’entreprise, a été plus forte que l’intérêt de participer à la création d’un grand groupe Européen ».

Groupe Bruxelles Lambert et la question d’une éventuelle sortie de la cote. « Il n’y a pas vraiment de totem, mais GBL est assez gros, explique Ian Gallienne, chief executive officer du holding belge dans un grand entretien aux Echos. C’est 23 milliards d’euros d’actifs et 15,2 milliards de capitalisation boursière. Aujourd’hui, les familles détiennent 29% du capital et 48% des droits de vote. Pour retirer GBL de la Bourse, il faudrait donc financer 71% de 15,2 milliards, soit en s’endettant énormément, soit en faisant venir un partenaire extérieur. Si un jour l’opportunité est vraiment évidente, pourquoi pas, mais aujourd’hui, ce n’est clairement pas le cas ».

Bruits de marché

BT Group très recherchée à la Bourse de Londres. L’action de l’opérateur britannique de télécoms a terminé la semaine sur un gain de près de 3%, à 168,35 pence, portant son avance à 31,8% depuis le début de l’année. Selon l’Economic Times, qui cite des sources proches du dossier, Reliance Industries, dirigée par Mukesh Ambani, considéré comme l’homme le plus riche d’Asie, évaluerait une offre sur l’ex-British Telecom.

L’équipe du Journal des OPA vous souhaite un week-end au chaud et au sec et vous remercie de votre fidélité.

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